mercredi 4 février 2009

Le jour où j'ai failli tomber de ma chaise

Donc j'arrive dans le bureau du docteur B, je lui raconte notre histoire. Au bout d'un moment, me fixant derrière ses lunettes de hibou en écaille, il me demande abruptement : "Votre mari est libanais, vous habitez à tel endroit ?" Un peu estomaquée, je confirme. Alors, il m'annonce : "Je vous attendais. Je savais qu'un jour vous viendriez me voir". Moi, estomaquée, je me dis : cet homme est surnaturel, il a un don de voyance, ou quoi ?
Mais non, vous aurez peut-être deviné, j'avais fait un black-out total sur une partie des propos de notre ami G, et en particulier sur le nom de son ami pédo-psy. Je l'avais en face de moi, tout simplement.
Incroyable que j'aie pu occulter ça, et pourtant c'est la pure vérité.
Cet homme donc, une fois le quiproquo éclairci, me propose de recevoir Antoine au sein de "l'hôpital de jour", c'est-à-dire de l'accueillir deux fois par semaine dans un petit groupe encadré par un psychologue, une éducatrice spécialisée, une psychomotricienne, etc.
Ce jour-là, sans que je le sache, ma vie a basculé. J'ai découvert peu à peu ce monde peuplé de professionnels au titre un peu barbare. Pas de diagnostic, toutefois, concernant Antoine. Psychose infantile, autisme, ou autre, on a tout évoqué sans rien préciser.
Parallèlement, la vie continuait, et nous avions décidé (enfin, surtout moi) d'avoir un autre enfant. Comme si tout allait s'arranger, comme si nous étions face juste à un petit incident de parcours, bien géré, et qui ne devait pas influer sur nos projets.
Peu de temps après qu'Antoine a commencé à fréquenter l'hôpital de jour, j'ai été enceinte.

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